Voici mon intervention lors du Conseil Communautaire du 9 décembre 2011.
Monsieur le Président, chers collègues,
Lors d’une récente réunion publique, vous avez annoncé, monsieur le Président la réalisation d’un projet de transport par câble entre le centre-ville, bas de Siam et le nouveau quartier des Capucins.
Je dois tout d’abord vous faire part de ma surprise, car une telle annonce aurait mérité une autre enceinte que celle d’une réunion de mi-mandat, devant à peine plus d’une cinquantaine de personnes.
En outre, dans le texte de la délibération que nous verrons tout à l’heure, ainsi que lors de la commission thématique consacrée à ce franchissement par câble, nous avons appris que vos services, ainsi que ceux d’Egis rail et de l’Atelier de l’île vous avait rendu dès le mois de juillet une étude de faisabilité très détaillée d’un franchissement par câble.
Différents modes de franchissement y sont comparés, et un volet plus poussé est consacré au câble. Tous les scénarios ou presque sont passés au crible, du pont routier levant en passant par le pont transbordeur et donc le câble téléphérique.
J’aurais, nous aurions, apprécié d’être associés à cette réflexion au lieu, une fois encore, d’être volontairement écartés.
Mais vous persistez dans votre attitude qui consiste à considérer cette enceinte et ceux qui y siègent comme « peanuts » pour reprendre votre expression. Seul un tout petit cercle d’élus semble digne de partager vos décisions. Pour les autres, y compris dans votre majorité, c’est « circulez, il n’y a rien à voir »…
Cette remarque faîte, je me félicite malgré tout qu’après maintes sollicitations de la part de votre opposition, vous soyez revenu à plus de réalisme sur le désenclavement nécessaire des Capucins.
Je le dis sans ironie, puisque en 2008, 2009 et 2010, nous ne pouvions aborder ce sujet sans essuyer un refus catégorique de votre part. Nous avons toujours considéré ce lien comme une des conditions à la réussite de ce quartier.
Alors, dans l’étude, le choix du câble semble visiblement s’imposer.
Ce projet contient de nombreux points positifs. Je parle des emplacements choisi comme origine et destination, du débit envisagé, de la fréquence envisagée, de l’intégration du projet tant au tramway qu’à l’architecture des Capucins, de l’accessibilité, des qualités « vertueuses » qui ont été inscrites dans l’article additionnel à l’article 10 de la loi du grenelle de l’environnement.
Mais compte tenu de la rapidité, avec laquelle vous nous soumettez ce projet, nous avons à ce jour un certains nombres de réserves
Ces réserves portent notamment sur son financement et sa fréquentation.
Ce projet est estimé à 15 millions d’euros, hors frais de maîtrise d’ouvrage. Or, c’est encore une fois le Versement transport qui va servir à financer l’investissement, ou pour être plus précis à rembourser les prêts. Décidemment, les entreprises ne sont bonnes qu’à être pressurisées. Vous nous ressortez d’ailleurs les mêmes arguments que pour le tramway : ça ne coûtera rien aux brestois puisqu’il n’y a pas d’impact sur la fiscalité locale des ménages. Comme si on pouvait d’un trait d’esprit considérer que les entreprises n’ont pas une implication directe avec la vie des brestois… Méfiez-vous d’ailleurs, car un jour les entreprises en auront assez d’être ainsi rackettées.
Et encore, il ne s’agit là que de l’investissement, car ensuite, il faudra faire fonctionner ce transport par câble.
Ces dépenses d’exploitation sont estimées à 590.000 euros, incluant, les dépenses de personnel, de consommation électrique et d’entretien réglementaire, sachant bien entendu que ces dépenses ne peuvent que croître dans le temps.
Et compte tenu des prévisions de recettes d’exploitation que vous estimez à 290.000 euros, nous aurons un déficit de l’ordre de 300.000 euros par an, que BMO se fera donc un plaisir de couvrir tous les ans.
Sauf que tout cela repose sur une fréquentation estimée à 674.000 voyages par an. Et comment est-on arrivé à ce chiffre ? En se basant sur celui de 900.000 visiteurs par an aux ateliers. Un chiffre qui nous paraît surréaliste.
Vous l’aurez compris, nous ne pouvons une nouvelle fois que déplorer votre méthode, et nous souhaitons solennellement vous mettre en garde contre les dérives financières et budgétaires qui vous attendent et qui nous attendent de par le fait
Aujourd’hui nous soutenons cette démarche de nouveau lien, nous votons cette délibération sur ce principe. Mais nous attendons avec attention l’issue de la phase de concertation.
Je vous remercie

