Article du Ouest France du 03 février 2010 : La ville s’appauvrit, les impôts augmentent
Faute d’habitants, les recettes sont en baisse. Les dépenses sociales sont en hausse. Pendant ce temps, la droite se disperse en divisions.
Impôts en hausse. Hier soir, le conseil municipal a voté 3 % de hausse des taux d’imposition (taxe d’habitation, taxes sur le foncier bâti et non bâti). En y ajoutant les modifications de base décidées par l’État, le contribuable verra sa feuille augmenter de 4,2 %. Jean-Luc Polard (adjoint finances) a rappelé que lors du mandat précédent, les baisses d’impôts avaient représenté « 29 millions d’euros au profit des Brestois ».
« Vous serez le maire de la hausse des impôts locaux » a dit Renaud Le Floc’h (UMP) à François Cuillandre. Fortuné Pellicano (Indépendants) a profité de cette vitrine pour rappeler que l’endettement est bien pire à Ploudalmezeau, dont le maire, Marguerite Lamour, est une ancienne « amie » de l’UMP.
Un rien flagorneur, Pierre Karleskind, le socialiste qui monte, en deuxième position sur la liste Le Drian aux régionales, a salué « notre bien aimé collègue Jean-Luc Polard ».
Moins d’habitants et plus pauvres. Brest a perdu 7 % de ses habitants en dix ans.
Ce qui explique en bonne partie la baisse des recettes de la Ville. Tandis que Laurent Prunier (UMP) attaquait l’époque Pierre Maille, Jean-Pierre Caroff (conseiller municipal PS et vice-président de BMO en charge de l’habitat) a plutôt évoqué la disparition du groupe Sauvage au début des années 2000, alors que c’était le principal promoteur immobilier de Brest. Il a envisagé un « redressement d’ici deux à trois ans ».
Jean-Luc Polard a souligné la hausse des dépenses sociales, illustrant « la dégradation des revenus des ménages brestois » : +11 % au Centre communal d’action sociale (CCAS) et +17 % à la Caisse des écoles ! Faute de revenus familiaux suffisants, 23 % des enfants ont les repas gratuits à l’école.
L’opposition à couteaux tirés
Des subventions ont été votées aux associations (1), hors convention pluriannuelle. L’occasion pour Marc Berthelot (Forum des républicains sociaux) d’une pique à Gaëlle Abily (adjointe culture) sur le besoin de transparence, obligeant celle-ci à apporter des explications. Déjà fournies en commission, comme l’a indiqué Laurent Prunier, un tantinet agacé, à son collègue de l’opposition.
Fortuné Pellicano, qui sait cultiver l’amitié à droite, s’est une nouvelle fois attaqué à l’Étendard, rappelant que la subvention de plus de 30 000 € allouée la dernière fois au club de basket représentait l’achat de 400 places par match ! Heureusement, François Derrien (UMP), président de l’Étendard et néanmoins collègue d’opposition, avait déjà quitté le conseil au premier assaut !
Haïti. À l’unanimité, les élus ont voté une subvention de 10 000 € pour les sinistrés d’Haïti. Elle ira au Secours populaire. Stéphane Roudaut (UMP) et Laurent Prunier (UMP) l’ont jugée « un peu chiche ».
Sébastien PANOU.
Article du Télégramme du 03 février 2010: Population. Du mieux en perspective ?
L’opposition a, de nouveau, mis l’accent hier, en conseil municipal, sur les mauvais chiffres de la démographie brestoise. Le «Monsieur logement» de la municipalité, Jean-Pierre Caroff, entrevoit, lui, une inversion de la tendance «d’ici deux ou trois ans».
En marge du débat budgétaire, le conseiller d’opposition Laurent Prunier (UDC) est revenu sur les chiffres du dernier recensement de la ville de Brest qui montrent une nouvelle baisse de la population brestoise. Ces chiffres, rappelons-le, indiquent qu’au 1er janvier 2007, la population municipale brestoise ne s’élevait plus qu’à 142.722 habitants (contre 149.649 en 1999).
Laurent Prunier veut y voir une conséquence de «l’immobilisme des années Maille en termes de construction de logements neufs au coeur des années 90». «Le retard pris àl’époque, assure-t-il, n’a pu être rattrapé, malgré les efforts réalisés depuis».
Jean-Pierre Caroff, vice-président de BMO chargé de l’urbanisme et de l’habitat, se veut, quant à lui, optimiste. Il s’est même livré à un pronostic, exercice risqué, en tablant sur une remontée à moyen terme des chiffres de la population brestoise.
Explications: «Il se passe au moins six ans entre le moment où un promoteur acquiert un terrain et le passage des agents recenseurs. Les données de 2007 reflètent la situation de 2001, année où l’un des plus gros promoteurs de la ville de Brest avait cessé son activité. De plus, cette année-là, notre Plan d’occupation des sols arrivait en bout de course et il avait fallu attendre trois ans pour que sortent les circulaires d’application de leurs successeurs, les futurs Plans locaux d’urbanisme (Plu).
Nous savons que, pour maintenir notre population, il nous faut construire au moins 1.000 nouveaux logements par an. Ces dernières années, nous avons délivré près de 1.500 permis de construire annuels, dont encore 1.420 pour 2009. Le redressement est bien amorcé». L’embellie annoncée devrait logiquement se constater d’ici quelques années dans les chiffres des recensements de la ville de Brest.
Vote conforme à la tradition. Comme il se doit, le budget 2010 de la ville, défendu par l’adjoint aux finances Jean-Luc Polard, a été adopté par la majorité municipale, dont chaque groupe politique a voulu souligner l’effort accompli, en période de crise, en faveur des dépenses à caractère social.
À l’inverse, et sans davantage de surprise, les deux groupes d’opposition ont voté contre.
L’élu UDC Renaud Le Floc’h pointant une capacité de désendettement de la ville «qui ne cesse d’augmenter» et «la hausse des impôts». L’indépendant Fortuné Pellicano jugeant, pour sa part, que, «en ces temps où tous les ménages doivent faire face à des difficultés croissantes, il n’est pas très opportun de les ponctionner un peu plus avec une augmentation des taux équivalant à deux fois l’inflation prévisionnelle».
Patrice Le Berre
